(notes de lecture) ERLI de Sida Parole, ce que j'en ai retenu!

L'équie du CAARUD Sida Parole de Colombes a publié en ligne la description de leur protocole d'éducation concernant les risques liés à l'injection (ERLI), une étude sur les avis des personnes consommatrices de produits psycho-actifs sur cette approche ainsi qu'un argumentare.
Source:  http://www.sidaparoles.org/spip.php?article7
Copie locale de ces documents: 
http://biblio.integration-projects.org/free/sida_parole/Argumentaire_ERLI.pdf
http://biblio.integration-projects.org/free/sida_parole/ERLI_L-avis_des_UD.pdf
http://biblio.integration-projects.org/free/sida_parole/Protocole_ERLI-2.pdf


Voici en bref ce qui m'a marqué en lisant ces travaux généreux...


Document  rédigé  par  Marie  Debrus,  avec  la  collaboration  de  Tamaha  Ima,  coordinatrice
santé, Pascal Perez, éducateur, Benoit Delavault, chef de service, Valère Rogissart, directeur

Debrus M, Ima T, Perez P, Delavault B, Rogissart V. Programme ERLI, Education aux risques liés à l'injection [internet].  Colombes: Caarud Sida Parole. 2008 [consulté 2010 fév 10]. Lien:  http://www.sidaparoles.org/spip.php?article7



Ce protocole présente d'une façon détaillée les étapes détaillées des modalités d'ERLI envisagées par SIDA-PAROLE.  


Quelques questions que je me pose:
Pourquoi tant de qualifications recquises?
- l'accent est mis sur les compétences et certification médicale de l'équipe encadrante (éducateur spécialisé, infirmier, médecin...).  Dans quel mesure ce haut-seuil de qualifications est-il absolument necessaire?  
Dès l'instant (1) qu'un processus de selection des personnes est en place (veiller à ce que les personnes ont bien compris que la démarche a pour objectif de leur permettre d'apprendre à améliorer leurs pratiques, et donc, refuser poliment la session éducative aux personnes déjà sous l'influence de produits,), (2) que la performance de l'injection se fera en utilisant un produit habituellement consommé par la personne et ce dans une quantité moindre que celle habituellement injectée), les cas de problèmes liés à l'injection seront certainement rarissime.  Dès lors, des gestes de bases de premiers secours et la capacité à mobiliser aux plus vite les secours me semblent être les seules compétences "médicales" vraiment requises.


Pourquoi autant d'injonctions?
Le protocole comprend énormément de détails sur les chose à faire ou à ne pas faire.  Cela donne le sentiment que la séance éducative risque de se transformer en un cours qui risque de devenir autoritaire (potentiellement stressant et démobilisant pour la personne, et donc guère "éducatif").   
•  l'observation silencieuse des pratiques peut aussi permettre de prendre le temps de voir ce que la personne fait de bien (pour ne faire que après un retour détaillé pour confirmer ce que la personne a fait de bien, ainsi que pour suggerer des gestes alternatifs quand la personne a accompli des actes posant problème)
•  limiter au maximum les interventions verbales (en bref ne répondre qu'aux questions de la personne) pourrait permettre d'éviter de transformer la séance en une session pleines d'injonctions.
•  et du coup, peut-on classifier les pratiques en terme de risque avéré (et ainsi identifier les situations spécifique qui pourraient justifier l'intervention de l'interenant?)


Pourquoi autant de questions?
La multiplicité des questionnaires et outils créés me font me demander si toutes ces information seront effectivement exploitables et exploitées... et quand les réponses ne sont pas utilisées... cela ne sert à rien de collecter les information (au risque de compliquer inutilement l'intervention).


Sinon, c'est très bien, vive Sida Parole. :-)












Debrus M, Perez P.Projet Erli: l'avis des usagers [internet]. Colombes: Caarud Sida Parole. 2008 [consulté 2010 fév 10]. Lien: http://www.sidaparoles.org/spip.php?article7


La consultation menée via des entretiens individuels et un groupe de focus auprès de 11 personnes usagères des CAARUDS Sida Paroles (Colombes) et Gaïa (Paris) confirme que la proposition d'une offre pédagogique individuelle sur les modalités de l'injection répond aux besoins des personnes: 
• Tous  les  usagers  ont  réagi  de manière  positive  au  concept  du  projet.
• Ils évoquent souvent le fait qu’ils ont appris « dans la rue », sur le tas, « au compte-goutte »

sans réelle source d’information fiable. 
Même les trois usagers qui n'estimaient pas qu'il avaient besoin à titre personnel d'un tel dispositif s'accordaient pour dire que ce serait toutefois utile pour "d’autres  usagers :  les  personnes  les  plus  précarisées  ou  les  plus  à  risques,  c’est-à-dire  ceux 
qu’ils définissaient comme des usagers ayant de nombreux abcès, « se charcutant » ou faisant de fréquentes OD, ceux qui « tapent tout le temps ». 


En outre, la majorité des usagres étaient très réticents concernant l'idée du "shoot à blanc", en d'autre termes,  de ne pas s'injecter la substance qu'ils s'injectent habituellement dans le cadre de cette séance éducative:

« Le shoot à blanc : c’est faire un trou pour rien. Déjà c’est chiant ! »
« La flotte, c’est tiré par les cheveux »
« Si on s’injecte c’est pour avoir un effet »
« Bah non,  je vais pas me  faire un shoot avec de la  flotte,  je vois pas l’intérêt. »
« Offrir le petit shoot, c’est normal. »
« J’avoue  que  j’aurais  du mal.  À  la  base,  j’aime  pas  trop  le  shoot donc faire ça avec de l’eau, j’y arriverai pas »

« Avec  l’eau, à part  la  technique, y a pas d’intérêt. Ça  fait carnaval. Les gens qui sont  là-dedans vont pas  le comprendre,  ils vont rigoler, on n’est pas à la fac. Faut être bien en phase avec le truc. »
« Un  tox  qui  s’envoie  de  l’eau,  c’est  intéressant  pour  vous, mais  ça fait un peu cobaye, faut trouver les usagers »


La crainte des overdoses et autre problèmes médicaux est partagées par les répondants, surtout concernant les éventuels risques que celapourrait faire reposer sur les intervenants.  Ainsi... pour  réduire  les  risques  liés  aux  overdoses,  un  usager  nous  a  conseillés  de  contraindre  les usagers à n’introduire qu’une petite quantité de produit si le travail éducatif était réalisé avec le produit habituellement consommé par l’usager (p 7). 


Cette enquête confirme bien que des sessions éducatives sur l'injection répond aux besoins exprimés par les personnes.


Sida Parole. Projet Erli: l'argumentaire [internet]. Coombes: Caarud Sida Paroles. 2008 [consulté 2010 fév 10]. Lien: http://www.sidaparoles.org/spip.php?article7